LE TRAVAIL PREALABLE AUX REPETITIONS
Je vais essayer de présenter ici quel est le rôle du chef d’orchestre, mais nous verrons une autre fois que son action ne se limite pas à ses seules actions techniques, tout comme la participation des instrumentistes dans un orchestre d’harmonie amateur ne se limite pas à la seule action de jouer d’un instrument.
Tout d’abord pour la petite histoire un musicien m’a un jour dit « de toute façon, le chef d’orchestre, il place les chaises, les pupitres et il bouge les bras… », ce qui au delà de l’anecdote dénote bien du mystère ou tout du moins de l’ignorance qui entoure souvent ce personnage. Et pour éviter la mise en avant du chef et de son ego, voir sa sacralisation dans certains cas, la meilleure arme est bien la compréhension.
Le travail du chef se situe déjà bien en amont des répétitions, dans l’écoute multiple et attentive de musique durant laquelle il détermine ce qui pourrait être susceptible d’être jouée par son orchestre. Et tout aussi important, c’est à travers cette écoute que se forme son goût et sa sensibilité musicale.
Vient ensuite une des taches pour moi la plus délicate : l’établissement du programme pour une saison. Il faut définir quelles seront les œuvres jouées, en respectant un équilibre délicat entre :
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La difficulté : trop d’œuvres difficiles et c’est le découragement et l’absentéisme chronique, trop d’œuvres faciles et c’est la régression technique et l’ennui.
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Le style : dans nos orchestres où cohabitent de jeunes musiciens de 10 ans avec des « anciens » de plus de 70 ans, il faut que chacun prenne plaisir à jouer.
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Le temps de travail : Il ne s’agit pas de se trouver dans la situation où, à deux semaines du concert, la moitié du programme n’est pas vu ni maîtrisé, ou à contrario, de se trouver deux mois avant le concert à ne faire que de la lecture sans matière à travailler.
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Le coût : élément tristement important lorsque l’on sait que la moyenne pour 5 minutes de musique est de 80 à 100 euros.
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La disponibilité : certaines œuvres n’existent pas pour harmonie, ou sont introuvables, il faut alors envisager de les réécrire
Cette partie du travail peut être en partie partagée par un « comité de programme », mais dans ce cas, il est souhaitable que le chef d’orchestre ait droit de veto car je conçois mal qu’il puisse bien diriger, faire travailler et interpréter ce pour quoi il n’a pas de goût. Car, et nous y reviendrons, ce que doit surtout amener le chef d’orchestre à ses musiciens, c’est sa sensibilité musicale, le reste n’étant qu’un vecteur.
Enfin, il y a la répartition des partitions selon les effectifs, mais aussi selon la capacité technique (et expressive) des musiciens.
Il faut à ce moment veiller également à ne pas froisser de susceptibilités (fort heureusement souples dans mon orchestre) et aussi à ne pas cantonner un musiciens à un rôle trop ingrat sur un ensemble de partition.
La aussi, cette partie peut être partiellement déléguée, mais le choix du chef doit également l’emporter car il est également le garant de la cohésion musicale.
Voila pour cette première partie, et si je respecte en partie les idées que je couche ici, je serais en harmonie avec moi-même, ce qui est un bon début.
J'ai remarqué que vous aviez affiché la photo de Laurent Petitgirard.
J'ai la chance de l'avoir rencontré lorsque j'ai assisté aux répétitions de l'orchestre Colonne (le moi de mars dernier)
Je vous invite si cela n'est pas déja fait à visiter son site
Vous trouverez le lien sur notre Blog
Au plaisir de consulter votre blog qui est criant de vérité (concernant le monde de la musique associative amateur)
Merci
Éric