LA GESTIQUE
Dans la théorie, un chef d’orchestre accompli peut tout faire passer par le geste, le verbe devenant alors parasite.
Malheureusement pour moi, je reste encore un grand bavard devant mon orchestre (tirez en les conclusions…)
Tout comme pour le premier article de cette série, d’abord une petite anecdote : Lorsque j’étais enfant puis adolescent, je participais (vocalement) à des spectacles lyriques montés au théâtre d’Auxerre. Ce théâtre ne possédant pas de scène, les 3 premiers rangs de fauteuils étaient amovibles et c’était la place de l’orchestre, avec devant le chef, et juste derrière le public. Lors d’une représentation, une personne d’un certain âge se serait levé et aurait dit « dite donc monsieur, vous ne pourriez pas vous asseoir et arrêter de gesticuler, je ne vois pas les chanteurs ».

Alors à quoi sert donc ce
sémaphore vivant devant l’orchestre ?
Dans une conversation, l’un parle, termine, l’autre répond, et souvent cette interaction se limite à 2 ou 3 protagonistes. Pour la musique, mal élevés que nous sommes, tout le monde parle en même temps, et le problème est que chacun doit dire le bon mot au bon moment.

Voila déjà à quoi sert la battue : donner un repère temporel à chacun.
C’est ce que l’on appel la mesure en terme musical.
La mesure étant découpée en portions de 2, 3 ou 4 unités (les temps) ou encore 5, 7, etc. mais plus rarement.
C’est ce que l’on appelle battre des mesures à 2, 3, 4 temps.
A chacune de ces mesures correspond un schéma dans l’espace, déterminé par le bout de la baguette (ou de la main sans baguette)
Pour continuer l’analogie avec la conversation, nos musiciens doivent parler plus ou moins fort par moment, ce qui se traduit par une amplitude plus ou moins grande du geste.
De même, il est nécessaire par moment d’accélérer ou ralentir le débit de ces « paroles », ce qui ce traduit par une accélération ou un ralentissement de la battue.

Mais tout cela n’occupe normalement qu’une main, que faire alors de l’autre : Dans la poche (il se gratte), sur la tête (il se gratte encore), pendante (il s’endors), accompagner l’autre main (il n’a pas confiance dans sa première main), tenir la tasse de café (moi) ou la choppe de bière (les autres) ?
Rien de tout cela, la seconde main, ainsi que le regard, la bouche, le corps dans son ensemble sont la pour transmettre et canaliser ce que la seule métrique est incapable à transmettre : la musique
Voilà pour la partie la plus visible du rôle du chef lors des concerts. Nous verrons plus tard ce qu’il peut bien faire lors des répétitions.
Un petit souci :
Les photos d'accompagnement de l'article sur le chef ne s'affichent pas ? pourtant si je les enregistre je peux les lire dans mes images.
Mystère pour moi, mais pas pour un pro comme toi.
Il n'y a pas toujours eu de chef. En quoi la direction d'orchestre a fait progresser l'interprétation ? L'écoute et la part personnelle de chacun des musiciens n'est-elle pas réduite ? Je parle des orchestres professionnels...
A mardi pour apprivoiser les doubles croches...
Denis