Tout d'abord, qu'est ce qu'une répétition ?
C'est le coeur de notre activité car on y travaille la musique qui sera ensuite produite en public.
L'orchestre d'harmonie amateur a ceci de particulier qu'il regroupe des musiciens de tous niveaux, dont pour certains la seule pratique instrumentale se fait lors des répétitions.
C'est un élément dont il faut tenir compte et qui justifie, en plus des niveaux disparates entre instrumentistes, d'un nombre d'heures de travail important.
D'un point de vue purement musical, on peut décomposer le travail en plusieurs étapes imbriquées les unes dans les autres :
Etape N° 1 : prise de connaissance du texte musical à travers une ou plusieurs lectures, ce qui permet aux instrumentistes de repérer les difficultés instrumentales ou de mise en place. Le nombre de lectures de ce type est souvent inversement proportionnel au niveau technique des musiciens, mais il tient alors au chef d'orchestre d'apporter en même temps des éléments d'interprétations afin de gagner en temps et en intérêt.
Etape N° 2 : La mise en place de repères, l'équilibrage des parties en terme de volume, la mise en évidence d'erreurs récurrentes. Cela se fait à travers des lectures partielles ou totales d'une oeuvre, souvent interrompues pour donner telle ou telle indication. Pour cette étape et pour les suivantes, deux outils sont indispensables : une grande concentration ET un crayon de papier.
Etape N° 3 : « L'affinage » de la musicalité à travers un ensemble de petits réglages individuels ou collectifs afin de faire correspondre tant que faire se peut l'interprétation avec les intentions musicales du chef d'orchestre. C'est ici que le chef d'orchestre redevient musicien et que l'orchestre devient par extension l'instrument au travers duquel il s'exprime. Imaginez votre clarinette ou votre saxophone dont chaque clé serait un individu avec sa propre volonté, sa propre sensibilité, sa propre personnalité, et vous avez une idée de ce qui est en jeux ici.
Etape N° 4 : « La consolidation » de l'ensemble afin de mûrir ce qui a été dit et fait. C'est une étape importante tout comme la précédente à ne pas négliger car d'elle dépend la cohésion et la confiance de l'orchestre. Et puisque la direction d'orchestre est un compromis incessant, pris par le temps il vaut mieux sacrifier à une partie des étapes 1 et 2 plutôt qu'à celles-ci. Il vaut mieux en effet un orchestre confiant et généreux qui livre sa musique avec bonheur qu'un orchestre technique mais stérile musicalement et humainement.
Voilà très brièvement de quoi est fait musicalement une répétition, et je pense qu'un chef devrait avoir plus le trac avant les répétitions qu'avant un concert, car c'est souvent bien la que tout se joue.
Pour finir, n'oublions pas que l'orchestre d'harmonie amateur est peut être tout autant, voir même plus, un lieu d'échange social, et que chacun vient la pour oublier ses soucis, pour se retrouver loin des contingences matérielles courantes. En cela, l'aménagement de périodes extra musical est primordial.
Pour l'Harmonie de Givry, toutes les excuses sont et doivent demeurer bonnes pour se retrouver autour d'un gâteau (au chocolat bien sur) et d'un verre (de cidre pour les sobres et de Givry pour les autres) : les naissances, les mariages, les petits enfants, les nouveaux instruments, les anniversaires, ou juste pour le plaisir.